Quelle est la différence entre une promesse de vente et un compromis ?

Promesse de vente ou compromis : ces deux avant-contrats engagent différemment acheteur et vendeur. Comprenez leurs spécificités pour sécuriser votre transaction immobilière.
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Gaetano Notorio

Spécialiste de l'immobilier depuis 2018

Lors de l’achat d’un bien immobilier, deux avant-contrats sont proposés : la promesse de vente et le compromis. Cependant, ces deux options ne représentent pas le même niveau d’engagement. D’où l’utilité de comprendre leurs différences, afin de choisir la solution la plus adaptée à votre situation. Voici quelques explications utiles pour prendre la bonne décision.

Gros plan sur une femme d'affaires ou une agente immobilière expliquant la signature d'un contrat d'achat immobilier. Directeur de banque et concept immobilier.
Promesse ou compromis : deux avant-contrats immobiliers aux engagement et implications différents. © Adobe Stock

Sommaire

Les particularités de la promesse de vente et du compromis

Qu'est-ce qu'une promesse de vente ?

La promesse de vente, de son nom complet « promesse unilatérale de vente », est un contrat qui engage juridiquement le vendeur à vendre son bien immobilier à un acquéreur déterminé. Ceci, à un prix préalablement fixé, et pendant une durée déterminée (souvent 2 à 3 mois). L’acheteur bénéficie d’un droit d’option : il peut décider d’acheter ou non le bien, durant un délai de réflexion de 10 jours. Pendant toute la durée de validité de la promesse de vente, le vendeur ne peut proposer son bien à un potentiel autre acquéreur (article 1124 du Code Civil).

Le fonctionnement du compromis de vente

Le compromis de vente est également un avant-contrat à la vente d’un bien immobilier. Mais, contrairement à la promesse de vente, le compromis engage les deux parties : l’acquéreur et le vendeur. Après la signature du compromis de vente, la transaction immobilière est presque terminée d’un point de vue juridique. Aussi appelé « promesse synallagmatique », le compromis de vente vaut vente selon l’article 1589 du Code civil. Qu’il s’agisse d’une maison ou d’un appartement, le principe juridique reste identique.

Il s’agit donc d’un engagement ferme entre l’acquéreur et le vendeur : aucun ne peut se rétracter sans contrepartie. 

Les obligations légales d'une promesse de vente et d'un compromis

L'aspect juridique d'une promesse de vente

La promesse de vente repose sur plusieurs éléments essentiels et sa rédaction comprend les informations suivantes : 

  • L’identification du vendeur et de l’acheteur potentiel

  • La description détaillée du bien concerné (servitudes éventuelles, adresse, lot de copropriété si applicable, etc.)

  • Le prix de vente fixé

  • Les différents diagnostics immobiliers obligatoires

  • Les éventuelles clauses suspensives (comme l’obtention d’un prêt bancaire, par exemple)

  • La durée de validité de l’avant-contrat

Notez que l’acheteur doit aussi verser une indemnité d’immobilisation, qui sert de contrepartie à la réservation du bien par le vendeur. Elle atteint habituellement 5 à 10 % du prix de vente. Ce pourcentage illustre à quel point il est essentiel de fixer un prix cohérent dès le départ, grâce à une estimation immobilière précise. 

La promesse de vente peut être signée chez le notaire ou sous seing privé. Dans ce cas, la promesse de vente doit tout de même être transmise à l’administration fiscale dans un délai de 10 jours (selon l’article 635 du CGI).

En cas de violation de la promesse de vente par le vendeur, l’acheteur peut saisir la justice pour forcer la vente ou demander des dommages et intérêts en dédommagement du préjudice subi.

Le compromis de vente et ses obligations

Le compromis de vente regroupe lui aussi l’ensemble des informations nécessaires pour la transaction. À savoir :

  • Le montant du dépôt de garantie :  consigné par le notaire jusqu’à la vente définitive et qui représente 5 à 10 % du prix de vente

  • Les éventuelles clauses suspensives : obtention d’un prêt immobilier ou d’une autorisation administrative, par exemple

  • Les informations sur les parties

  • La description précise du bien immobilier

  • Le prix de vente ainsi que les modalités de financement envisagées

  • La date prévisionnelle de l’acte définitif de vente chez le notaire (souvent 2 à 3 mois après la signature du compromis)

  • Les diagnostics obligatoires (DPE, ERP, diagnostic termites…)

Les conditions juridiques de la vente sont aussi décrites : les conditions applicables en cas de non-respect du compromis, la répartition des frais, ainsi que le délai de rétractation en vigueur pour l’acheteur. Ce document peut rassembler plusieurs dizaines de pages.

Si l’une des deux parties ne respecte pas l’accord, alors l’autre partie peut saisir la justice pour forcer la vente ou demander des dommages et intérêts. Ceci, sauf dans le cas où l’acheteur se rétracte pendant son délai légal ou que les clauses suspensives ne sont pas réalisées.

Durées et délais de la promesse de vente et du compromis

Quelle est la durée d'une promesse de vente ? 

Elle est habituellement fixée à 2 ou 3 mois, soit le temps nécessaire pour que l’acheteur puisse débloquer le financement bancaire de son projet immobilier. 

Voici ce que cela signifie : 

  • Délai de rétractation de 10 jours : durant cette période, l’acheteur peut librement changer d’avis, sans contrepartie. Après ce temps de réflexion imparti, il peut soit choisir de renoncer au projet (et perdre l’indemnité versée), soit valider définitivement la vente.

  • Délai de la promesse de vente : il s’agit de sa durée de validité, à l’issue de laquelle le projet d’achat doit être finalisé (grâce à l’obtention d’un prêt bancaire, par exemple). Le bien est réservé au potentiel acheteur pendant ce temps. Le vendeur ne peut plus se retirer du contrat.

À l’issue de la validité de la promesse de vente, trois scénarios sont possibles : 

  • L’acheteur finalise la vente et l’acte authentique est signé chez le notaire. L’indemnité est déduite du prix final.

  • L’acheteur renonce à son option : le bien est remis en vente et le vendeur récupère l’indemnité d’immobilisation.

  • L’acheteur ne donne aucune réponse : dans ce cas, on parle de renonciation implicite. L’indemnité est versée au vendeur et le bien peut être remis en vente.

En revanche, si une clause suspensive n’est pas réalisée, la vente est alors annulée et l’acheteur récupère l’indemnité qu’il a versée. Cela peut se produire, par exemple, en cas de refus de prêt bancaire.

Quelle est la validité d'un compromis de vente ?

Le compromis de vente est juridiquement valable dès sa signature, dès lors qu’il respecte les obligations de forme en vigueur. Il prévoit généralement un délai de 2 à 3 mois avant la signature définitive de la vente, bien qu’il n’expire pas à cette date précise. Le compromis de vente peut tout à fait être prolongé via un avenant ou devenir caduc en cas de non-réalisation d’une clause suspensive : dans ce cas, le contrat est nul et caduc, sans contreparties pour l’acheteur ou le vendeur. 

La validité du compromis peut toutefois être contestée en cas de non-respect des obligations légales ou de vice de consentement

On considère alors que la promesse de vente offre davantage de souplesse à l’acheteur, tandis que le compromis de vente permet de sécuriser les deux parties. 

Questions fréquentes sur la différence entre promesse de vente et compromis

Le choix entre promesse de vente et compromis dépend principalement de votre situation et du niveau d’engagement souhaité. La promesse unilatérale de vente est souvent privilégiée par les acheteurs qui veulent garder une certaine flexibilité, puisqu’elle laisse une option ouverte grâce au droit d’option. Le compromis de vente, quant à lui, est généralement recommandé lorsque les deux parties sont pleinement décidées, car il sécurise la transaction via un engagement mutuel ferme. En pratique, le compromis reste l’avant-contrat le plus utilisé en France, notamment dans le cadre des ventes réalisées par une agence immobilière.

Non, il n’est pas possible de transformer directement une promesse de vente en compromis, car il s’agit de deux contrats juridiquement distincts. En revanche, si les deux parties souhaitent modifier la nature de leur engagement, elles peuvent annuler la promesse initiale d’un commun accord et rédiger un nouveau compromis de vente. Cette démarche doit être réalisée avec l’aide d’un notaire afin de garantir la validité juridique de la nouvelle signature et de préserver les droits de chacune des parties.

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