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Le décès d’un parent ouvre la porte à une période complexe, où chagrin et désarroi bouleversent la vie quotidienne. Dans ce tumulte d’émotions, les questions administratives et juridiques semblent bien secondaires… Alors qu’elles sont absolument incontournables. Lorsqu’un parent décède, que faire de son logement ? La transmission de la maison familiale soulève beaucoup de questions, entre décisions immobilières, fiscalité et notions légales complexes. Voici tout ce que vous devez savoir pour gérer cette étape plus sereinement.

Sommaire
Droits de succession de la maison des parents : qui hérite de quoi ?
Les droits du conjoint survivant
Le régime français est particulièrement protecteur envers les conjoints survivants. Ainsi, un époux ou une épouse est totalement exonéré des droits de succession : cela signifie qu’il n’a rien à payer, peu importe le montant transmis par le défunt.
Si les deux conjoints avaient eu des enfants ensemble, alors le conjoint survivant a le choix entre la pleine propriété d’un quart des biens ou de l’usufruit de l’ensemble de la succession (soit la jouissance des biens, sans en être propriétaire).
En revanche, une personne pacsée n’hérite pas automatiquement de la maison en l’absence de testament : si elle partageait la maison sans en être propriétaire, elle ne bénéficie d’aucun droit automatique sur l’héritage. Si les deux conjoints pacsés étaient copropriétaires d’une maison, alors le conjoint survivant peut demeurer gratuitement dans le logement pendant un an, s’il constituait sa résidence principale au moment du décès. Il est aussi possible, dans ce cas, de demander l’attribution préférentielle du logement vis-à-vis des autres héritiers, en échange d’une soulte au moment du partage du bien.
Les enfants et autres parents proches
Tous les enfants du défunt sont considérés comme ses successeurs principaux, qu’ils soient ou non issus d’une même union. La maison est partagée en parts égales après le décès entre chaque enfant, qui bénéficie de 100 000 euros d’abattement sur les droits de succession par parent. Le bien est alors divisé, dans sa valeur, par le nombre d’enfants héritiers.
En l’absence d’enfants du défunt, la succession est transmise en quote-part aux autres membres de la famille : les frères et sœurs, les parents (si toujours vivants), ou encore les petits-enfants, qui sont représentés par leurs parents s’ils ne sont pas encore majeurs. Plus les liens de parenté sont éloignés, plus les taux d’abattement sont faibles.
Que faire de la maison après le décès ?
Lorsqu’un seul héritier est désigné, il peut jouir du logement comme il le souhaite, dans le respect de l’imposition et des taux d’abattement applicables sur la succession.
Les choses se compliquent un peu lorsque plusieurs héritiers sont désignés : ils deviennent alors propriétaires en indivision. Cela signifie que la succession (et les biens qui en découlent) leur appartient à tous, sans division matérielle du bien.
Les héritiers ont alors le choix entre plusieurs options :
Conserver le statu quo de l’indivision.
Vendre la maison et se partager la vente : ils peuvent alors être soumis à l’impôt sur la plus-value immobilière, sauf cas particulier. Dans ce cas, il est vivement conseillé de faire réaliser une estimation de la maison afin de connaître sa valeur réelle sur le marché avant toute mise en vente.
L’un des héritiers rachète les parts des autres afin de devenir l’unique propriétaire du bien immobilier : c’est ce que l’on appelle communément une soulte.
Bien sûr, la décision finale doit être validée collectivement par tous les héritiers. En cas de litige ou de désaccord, le tribunal peut être saisi pour acter une sortie d’indivision, soit une vente forcée du bien.
Le calcul des droits de succession pour la maison d'un parent
Est-ce que l'héritage d'une maison est imposable ?
Dans la majorité des cas, une maison héritée est imposable par des droits de succession. Ils sont calculés selon plusieurs critères :
La part héritée par chaque héritier
L’application de l’abattement (donc de la réduction de l’imposition)
L’application du barème progressif d’imposition
Contrairement à la croyance populaire, une résidence principale ne vous offre pas une exonération d’imposition en cas d’héritage. En revanche, un abattement de 20 % sur la valeur estimée du bien peut être appliqué selon les conditions.
Concrètement, pour calculer la part d’imposition d’un héritage de maison de parents :
La maison est évaluée par un notaire ou un expert immobilier pour déterminer son potentiel prix de vente sur le marché. Une estimation immobilière permet ainsi de fixer une base fiable pour le calcul des droits.
La valeur du bien est ensuite intégrée dans l’ensemble de la succession, avec le calcul de la part de chaque héritier
Chaque héritier reçoit une part théorique en valeur
Enfin, les droits sont calculés, à l’aide de l’abattement et du barème fiscal d’imposition, afin de déterminer quel montant doit être réglé à l’administration fiscale par chaque héritier.
Comprendre le principe d'abattement
L’abattement applicable concerne le montant déduit de la taxation. Il varie selon le rang d’héritage :
100 000 € par enfant et par parent
15 932 € pour un frère ou une sœur
7 967 € pour un neveu ou une nièce
1 594 € pour les autres héritiers
Important : un abattement spécifique pour les personnes en situation de handicap est prévu pour les personnes héritières reconnues officiellement en situation de handicap. Il s’élève à 159 325 euros et se cumule avec l’abattement prévu par lien de parenté.
Ensuite, il faut appliquer un barème progressif :
Jusqu’à 8 072 € d’héritage après abattement : 5 % d’imposition
De 8 073 € à 12 109 € : 10 %
De 12 110 € à 15 932 € : 15 %
De 15 933 € à 552 324 € : 20 %
De 552 325 € à 902 838 € : 30 %
De 902 839 € à 1 805 677 € : 40 %
1 805 678 € et plus : 45 %
Chaque tranche du barème est taxée indépendamment, puis les montants obtenus sont additionnés pour obtenir le montant des droits de succession.
Exemple : Louis et Marjorie sont frère et sœur. Ils viennent de perdre leur père, veuf, qui vivait dans une maison estimée à 250 000 €. La valeur du bien est donc répartie entre eux deux : chacun reçoit alors 125 000 euros théoriques. Après application de l’abattement (100 000 euros par enfant), il leur reste à chacun 25 000 euros imposables sur la succession de la maison de leur père. On applique ensuite le barème progressif de taxation ; ils devront donc chacun payer environ 3 200 euros de droits de succession.
Les droits doivent être réglés à l’administration fiscale dans les six mois suivant le décès. C’est pourquoi la vente rapide du bien immobilier est souvent envisagée par les héritiers.
Questions fréquentes sur les droits de succession de la maison des parents
Peut-on refuser l'héritage d'une maison familiale ?
Oui, chaque héritier peut renoncer à la succession, notamment en cas de dettes importantes ou de droits de succession trop élevés. La renonciation doit être formalisée auprès du notaire ou du tribunal judiciaire dans un délai de 4 mois après l’ouverture de la succession.
Comment payer les droits de succession sans liquidités suffisantes ?
Il est possible de demander un paiement fractionné sur plusieurs années ou un paiement différé, sous conditions et moyennant des intérêts. Les héritiers peuvent aussi choisir de vendre rapidement le bien pour dégager les fonds nécessaires.
Une donation de son vivant réduit-elle les droits de succession ?
Oui, chaque parent peut transmettre jusqu’à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits à payer. D’autres dispositifs, comme la donation-partage ou le démembrement de propriété, permettent également d’optimiser la transmission du patrimoine.







